Plongez au cœur de la Provence avec une recette qui fleure bon le soleil et les traditions marseillaises. La navette, ce petit pain brioché en forme de barque, est bien plus qu’une simple gourmandise. C’est un symbole, une histoire que l’on partage à l’heure du café ou du goûter. Oubliez les versions sèches et cassantes que l’on trouve parfois dans le commerce. Aujourd’hui, nous vous livrons les secrets d’une navette briochée, à la mie filante et au parfum enivrant de fleur d’oranger. Une recette pensée pour être facile et inratable, même pour les boulangers novices. Laissez-vous guider, et préparez-vous à embaumer votre cuisine d’une odeur réconfortante qui vous transportera instantanément sur le Vieux-Port.
30 minutes
15 minutes
facile
€
Ingrédients
Ustensiles
Préparation
Étape 1
Commencez par préparer le levain, l’activateur de votre pâte. Dans un petit bol, délayez la levure de boulanger déshydratée avec 50 millilitres de lait UHT tiédi. Attention, le lait doit être tiède, et non chaud, pour ne pas tuer les ferments. Ajoutez une cuillère à soupe de sucre prélevée sur la quantité totale, mélangez doucement et laissez reposer une dizaine de minutes. De petites bulles doivent apparaître en surface, signe que votre levure est bien vivante et prête à travailler.
Étape 2
Pendant ce temps, préparez les poudres. Dans la cuve de votre robot pâtissier, versez la farine, le reste du sucre et le sel fin. Mélangez brièvement avec le crochet pétrisseur à vitesse lente pour bien répartir les ingrédients. Il est important que le sel et la levure n’entrent pas en contact direct au début, car le sel pourrait inhiber l’action de la levure.
Étape 3
Préparez maintenant vos œufs. Dans un autre bol, versez l’œuf en poudre et ajoutez les 75 millilitres d’eau. Fouettez énergiquement jusqu’à obtenir un mélange homogène et sans grumeaux. Ajoutez ensuite le reste du lait UHT (150 millilitres) et l’eau de fleur d’oranger. Votre appareil liquide est prêt.
Étape 4
Versez le levain activé dans la cuve du robot, puis ajoutez progressivement le mélange liquide tout en laissant le robot pétrir à vitesse lente. Continuez de pétrir pendant environ 5 minutes, jusqu’à ce que la pâte commence à se détacher des parois et à former une boule homogène. Elle sera encore un peu collante, c’est tout à fait normal à ce stade.
Étape 5
Il est temps d’incorporer la matière grasse. Ajoutez la margarine végétale, coupée en petits morceaux, petit à petit, tout en continuant le pétrissage à vitesse moyenne. Attendez que chaque morceau soit bien incorporé avant d’ajouter le suivant. Cette étape est cruciale pour obtenir une mie filante et aérée. Soyez patient, cela peut prendre 8 à 10 minutes. La pâte doit devenir lisse, souple et élastique.
Étape 6
Pour vérifier que votre pâte est suffisamment pétrie, vous pouvez réaliser le test de la fenêtre. Prélevez un petit morceau de pâte et étirez-le délicatement entre vos doigts. Vous devez pouvoir obtenir une fine membrane translucide sans qu’elle ne se déchire. Si c’est le cas, votre réseau de gluten est parfaitement développé.
Étape 7
Formez une belle boule avec votre pâte et déposez-la dans un grand bol légèrement huilé. Couvrez le bol d’un linge propre et humide ou d’un film alimentaire. Laissez la pâte pousser dans un endroit tiède et à l’abri des courants d’air pendant environ 1 heure 30. C’est la première pousse, aussi appelée la pointe. La pâte doit doubler de volume.
Étape 8
Une fois la pâte bien levée, déposez-la sur votre plan de travail légèrement fariné. Appuyez doucement avec la paume de votre main pour la dégazer, c’est-à-dire chasser l’air accumulé pendant la pousse. Ne la travaillez pas trop, juste assez pour lui redonner sa taille initiale.
Étape 9
Divisez la pâte en 12 à 16 pâtons de poids égal, d’environ 50 à 60 grammes chacun. Formez de jolies boules bien lisses avec chaque pâton, en les faisant rouler dans la paume de votre main. Cette étape, le boulage, permet de donner de la force à la pâte pour une belle levée.
Étape 10
Le moment du façonnage est arrivé. Prenez une boule de pâte et roulez-la sur le plan de travail pour former un boudin d’environ 10 centimètres de long, plus fin aux extrémités qu’au centre. Pincez fermement les deux extrémités pour leur donner une forme pointue, comme la proue et la poupe d’un bateau. Votre navette est formée.
Étape 11
Déposez les navettes au fur et à mesure sur une plaque de cuisson recouverte de papier sulfurisé, en veillant à bien les espacer car elles vont encore gonfler. Couvrez-les d’un linge propre et laissez-les lever une seconde fois pendant 45 minutes à 1 heure. C’est l’apprêt.
Étape 12
Préchauffez votre four à 180°C (thermostat 6) en chaleur statique. Juste avant d’enfourner, à l’aide d’un pinceau, dorez délicatement la surface des navettes avec un peu de lait UHT. Pour la touche finale traditionnelle, fendez chaque navette sur toute sa longueur avec la lame d’un couteau bien aiguisé.
Étape 13
Enfournez pour 12 à 15 minutes. Les navettes doivent être bien dorées et sonner creux quand on tapote le dessous. Laissez-les refroidir entièrement sur une grille pour que l’humidité s’échappe et qu’elles ne ramollissent pas.
Mon astuce de chef
Pour conserver le moelleux de vos navettes plusieurs jours, placez-les, une fois complètement refroidies, dans une boîte en métal hermétique avec un ou deux morceaux de sucre. Le sucre absorbera l’excès d’humidité et aidera à préserver leur texture tendre. Vous pouvez aussi les congeler parfaitement. Pour les déguster, passez-les simplement quelques minutes dans un four chaud.
La boisson idéale pour sublimer la navette
Le parfum délicat de la fleur d’oranger appelle des boissons réconfortantes et douces. Pour un goûter traditionnel, un chocolat chaud maison, onctueux et pas trop sucré, sera un compagnon parfait. Les amateurs de thé pourront se tourner vers un thé noir léger, comme un Ceylan, ou oser un accord de saveurs en choisissant une infusion à la verveine ou, pour rester dans le thème, un thé blanc parfumé à la fleur d’oranger. Un simple verre de lait froid reste également un classique indémodable qui ravira petits et grands.
La navette, un biscuit pétri d’histoire et de légendes
La navette n’est pas une simple brioche, elle est le témoin d’une tradition marseillaise vieille de plusieurs siècles. Sa forme de barque évoque la légende de l’arrivée par la mer des Saintes Maries (Marie-Madeleine, Marie-Salomé et Marie-Jacobé) venues évangéliser la Provence. Chaque année, à la Chandeleur, le 2 février, une procession part du Vieux-Port jusqu’à l’abbaye Saint-Victor. L’archevêque y bénit des navettes vertes, couleur de l’espérance, qui sont ensuite distribuées aux fidèles. Déguster une navette, c’est donc croquer dans un morceau d’histoire, un symbole de chance et de renouveau qui a traversé les âges sans prendre une ride.
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