Plongez au cœur d’une tradition culinaire ancestrale avec le cuissot de chevreuil à la cuillère. Ce plat, emblème des tablées dominicales et des repas de fête, est une véritable ode à la patience et à la gourmandise. Loin d’être une recette intimidante réservée aux initiés, sa préparation repose sur un principe simple : une cuisson longue et douce qui transforme la chair puissante du gibier en une merveille de tendresse, si fondante qu’une simple cuillère suffit à la déguster. C’est la magie de la cuisine mijotée, un savoir-faire qui se transmet de génération en génération et que nous allons démystifier ensemble. Préparez-vous à embaumer votre cuisine d’arômes riches de sous-bois et de vin rouge, et à offrir à vos convives une expérience gustative inoubliable, à la fois rustique et d’une infinie élégance.
40 minutes
420 minutes
moyen
€€€
Ingrédients
Ustensiles
Préparation
Étape 1
Commencez par la préparation de la viande. Si votre cuissot est entier, coupez-le en gros cubes de 5 à 6 centimètres de côté. L’idée est d’avoir des morceaux généreux qui tiendront bien à la longue cuisson. Séchez soigneusement chaque morceau avec du papier absorbant, c’est le secret pour obtenir une belle coloration. Dans un grand saladier, placez les cubes de chevreuil, versez la farine par-dessus et mélangez délicatement avec les mains pour bien enrober chaque morceau. Cette technique s’appelle singer la viande : la farine va aider à lier la sauce plus tard et lui donner une onctuosité parfaite.
Étape 2
Dans votre cocotte en fonte, faites chauffer l’huile et le beurre à feu vif. Quand le beurre arrête de crépiter, déposez-y les morceaux de viande, sans les superposer. Il faudra peut-être procéder en deux fois pour ne pas surcharger la cocotte. Faites dorer les cubes sur toutes leurs faces. Cette étape, appelée marquer la viande, est cruciale : elle permet de caraméliser les sucs à la surface et de créer une croûte savoureuse qui emprisonnera le jus à l’intérieur pendant la cuisson. Une fois bien colorés, retirez les morceaux de viande et réservez-les dans une assiette.
Étape 3
Baissez légèrement le feu et ajoutez dans la même cocotte les oignons grelots et les rondelles de carottes égouttés. Faites-les revenir quelques minutes en grattant le fond de la cocotte avec une cuillère en bois pour décoller les sucs de cuisson de la viande. C’est un concentré de saveurs qu’il ne faut surtout pas perdre. Saupoudrez ensuite l’ail semoule et ajoutez le concentré de tomates. Mélangez bien et laissez cuire une minute pour torréfier légèrement le concentré, ce qui développera ses arômes.
Étape 4
Il est temps de passer à l’étape la plus spectaculaire : le déglaçage. Versez la totalité du vin rouge dans la cocotte chaude. Une vapeur intense et parfumée va s’élever. Avec votre cuillère en bois, continuez de gratter énergiquement le fond de la cocotte pour dissoudre absolument tous les sucs caramélisés dans le vin. Portez le tout à ébullition et laissez réduire de moitié. Cette opération, le déglaçage, est la base d’une sauce riche et profonde en goût.
Étape 5
Une fois le vin réduit, remettez les morceaux de chevreuil dans la cocotte. Ajoutez le fond de gibier en poudre, le bouquet garni, les baies de genièvre et les clous de girofle. Versez de l’eau chaude juste assez pour que la viande soit presque entièrement recouverte, mais pas noyée. Salez modérément et donnez quelques tours de moulin à poivre. Portez le liquide à un léger frémissement, puis baissez le feu au minimum du minimum. Couvrez la cocotte et laissez mijoter tout doucement pendant 6 à 7 heures. Le secret est là : le liquide ne doit jamais bouillir, juste frémir très paresseusement. C’est cette cuisson lente qui va attendrir les fibres de la viande jusqu’à la rendre fondante.
Étape 6
Après les longues heures de patience, vérifiez la cuisson. Piquez un morceau de viande avec une fourchette : il doit se défaire sans aucune résistance. Retirez délicatement les morceaux de chevreuil et la garniture avec une écumoire et gardez-les au chaud. Retirez le bouquet garni. Si vous trouvez votre sauce trop liquide, faites-la réduire à feu moyen pendant quelques minutes jusqu’à obtenir une consistance nappante. Goûtez et rectifiez l’assaisonnement en sel et en poivre si nécessaire. Remettez la viande dans la sauce, mélangez délicatement et servez bien chaud.
Mon astuce de chef
Pour une sauce encore plus veloutée et gourmande, vous pouvez ajouter deux carrés de chocolat noir à 70% de cacao dans la sauce en fin de cuisson, hors du feu. Laissez-les fondre doucement en remuant. Le chocolat va apporter une amertume subtile, une couleur profonde et une onctuosité incomparable qui se marient divinement avec le gibier, sans pour autant donner un goût sucré.
Quel vin pour sublimer le chevreuil ?
Ce plat de caractère, puissant et aromatique, appelle un vin à sa hauteur. Optez pour un vin rouge robuste et structuré, capable de tenir tête aux saveurs du gibier. Un grand vin du Sud-Ouest, comme un Cahors ou un Madiran, avec leurs tanins présents et leurs arômes de fruits noirs, sera un partenaire idéal. Si vous préférez la finesse, un Saint-Émilion Grand Cru de Bordeaux ou un Gevrey-Chambertin de Bourgogne, après quelques années de garde, offriront une complexité et une élégance qui épouseront parfaitement la tendresse de la viande.
Le cuissot de chevreuil ‘à la cuillère’ est l’héritier direct des grandes daubes et autres civets qui constituent le patrimoine de la cuisine française des terroirs. La cuisson très longue à basse température n’est pas une invention moderne, mais un savoir-faire ancestral, né de la nécessité de rendre tendres les viandes les plus coriaces, notamment le gibier. À l’époque où les foyers n’avaient pas de thermostat, on plaçait la cocotte dans le coin le moins chaud de l’âtre ou dans le four du boulanger après la cuisson du pain, pour la laisser ‘oublier’ pendant des heures. Ce plat est donc plus qu’une recette, c’est un morceau d’histoire culinaire, un hommage au temps long et à la transformation des produits simples en mets d’exception.
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