L’automne s’installe doucement, parant les vergers de teintes dorées et cuivrées. C’est la saison d’un fruit modeste mais puissant, le coing. Dur, âpre et presque immangeable cru, il se métamorphose sous l’effet de la chaleur en une confiserie délicate au parfum enivrant et à la couleur rubis. Autrefois, la préparation de la gelée de coing était une affaire de patience, une alchimie lente et fastidieuse. Aujourd’hui, nous allons démystifier ce trésor culinaire grâce à notre allié en cuisine : le Thermomix. Oubliez les heures de surveillance au-dessus d’une bassine en cuivre. Avec cette recette, nous vous invitons à capturer l’essence de l’automne dans des pots de verre, en toute simplicité. Préparez-vous à redécouvrir le plaisir d’une gelée maison, translucide et tremblotante, dont la saveur florale et légèrement acidulée viendra enchanter vos petits-déjeuners et sublimer vos plateaux de fromages. Laissez la magie opérer, votre robot s’occupe de presque tout.
30 minutes
70 minutes
facile
€
Ingrédients
Ustensiles
Préparation
Étape 1
Commencez par la préparation des fruits. Ne vous laissez pas intimider par leur peau duveteuse et leur chair dure. Lavez soigneusement les coings sous l’eau froide et frottez-les avec un torchon propre pour retirer le fin duvet qui les recouvre. Il n’est absolument pas nécessaire de les peler ni de retirer le cœur et les pépins. C’est même là que réside le secret d’une gelée bien prise ! La peau et les pépins sont extrêmement riches en pectine, l’agent gélifiant naturel du fruit. Coupez simplement les coings en quatre ou huit morceaux grossiers à l’aide d’un grand couteau bien aiguisé.
Étape 2
Placez les morceaux de coing dans le bol de votre Thermomix. Ajoutez le litre et demi d’eau, en veillant à ne pas dépasser le niveau maximum de remplissage du bol. Programmez ensuite la première cuisson qui va permettre d’extraire tout le jus et la pectine des fruits. Réglez votre Thermomix pour une durée de 40 minutes, à une température de 100°C et à la vitesse 1. Durant ce temps, une délicieuse odeur commencera à embaumer votre cuisine.
Étape 3
Une fois la cuisson terminée, vient l’étape la plus importante pour obtenir une gelée limpide et brillante : la filtration. Placez un chinois fin ou, pour un résultat encore plus parfait, une étamine (un tissu à mailles fines, souvent en coton, utilisé pour filtrer les liquides en cuisine) au-dessus d’un grand saladier. Versez délicatement le contenu du bol du Thermomix dans le filtre. Laissez le jus s’écouler naturellement, sans presser les fruits. La patience est ici votre meilleure alliée. Pour un jus parfaitement clair, laissez-le s’égoutter pendant plusieurs heures, voire toute une nuit. Presser la pulpe la rendrait trouble.
Étape 4
Le lendemain, ou après quelques heures, retirez le filtre contenant la pulpe de coing (ne la jetez surtout pas, nous verrons quoi en faire dans l’astuce du chef). Pesez le jus que vous avez récolté. C’est cette mesure qui va déterminer la quantité exacte de sucre à utiliser. La règle d’or pour une gelée de coing est le tant pour tant : un poids de sucre équivalent au poids du jus. Par exemple, pour 800 grammes de jus, vous utiliserez 800 grammes de sucre.
Étape 5
Versez le jus de coing pesé et la quantité correspondante de sucre en poudre dans le bol du Thermomix, préalablement rincé. Ajoutez le jus d’un citron. Le citron a un double rôle : il agit comme un exhausteur de goût et aide la pectine à faire son travail de gélification. Lancez la cuisson finale en programmant 30 minutes, sur la position Varoma, à la vitesse 2. Pensez à retirer le gobelet doseur du couvercle et à le remplacer par le panier de cuisson posé à l’envers. Cela permettra à la vapeur de s’échapper et à la gelée de concentrer ses saveurs sans provoquer d’éclaboussures.
Étape 6
Pendant que la gelée cuit, c’est le moment de vérifier si elle est prête à prendre. C’est le fameux test de l’assiette froide. Placez une petite soucoupe au congélateur quelques minutes avant la fin de la cuisson. Une fois le temps écoulé, déposez une goutte de gelée chaude sur l’assiette glacée. Si la goutte se fige quasi instantanément et se ride lorsque vous la poussez avec le doigt, votre gelée est prête. Si elle reste liquide, prolongez la cuisson par tranches de 5 minutes en refaisant le test à chaque fois.
Étape 7
Dès que la consistance est parfaite, passez à la mise en pot. À l’aide d’une écumoire, retirez la fine mousse qui a pu se former à la surface pour une gelée encore plus belle. Versez immédiatement la gelée bouillante dans vos pots à confiture préalablement stérilisés. Remplissez-les jusqu’au bord, vissez fermement les couvercles puis retournez les pots sans attendre. Laissez-les refroidir complètement la tête en bas. Cette technique permet de créer un vide d’air qui assurera une longue et parfaite conservation de vos précieuses gelées.
Mon astuce de chef
Ne jetez surtout pas la pulpe de coing qui reste dans l’étamine après filtration ! C’est un trésor qui vous permettra de réaliser une autre gourmandise : la pâte de coing. Il vous suffit de passer cette pulpe au moulin à légumes pour retirer les pépins et les parties dures, de la peser, puis de la faire cuire dans une casserole avec environ 80% de son poids en sucre jusqu’à ce que la pâte se détache des parois. Étalez-la ensuite sur une plaque et laissez-la sécher quelques jours. Zéro déchet et double plaisir !
La boisson idéale pour sublimer votre gelée
La gelée de coing, avec ses notes florales et délicatement miellées, s’harmonise parfaitement avec des boissons chaudes et réconfortantes. Pour un petit-déjeuner ou une pause gourmande, servez-la avec une tasse de thé noir Earl Grey, dont les notes de bergamote viendront contraster agréablement avec la douceur du fruit. Si vous préférez une option sans théine, une infusion de verveine citronnée ou de camomille sera un choix judicieux. Leur fraîcheur végétale mettra en valeur le parfum subtil du coing sans jamais l’écraser. Évitez les boissons trop sucrées qui masqueraient la finesse de votre gelée maison.
Le coing est un fruit chargé d’histoire et de symboles. Originaire des régions du Caucase et de l’Iran, il était déjà cultivé il y a plus de 4 000 ans. Dans la Grèce antique, il était consacré à Aphrodite, la déesse de l’amour, et offrit en cadeau de mariage comme un gage de fertilité et de bonheur. Certains historiens pensent même que la fameuse « pomme d’or » du jardin des Hespérides, objet de l’un des douze travaux d’Hercule, était en réalité un coing. Sa richesse exceptionnelle en pectine en a fait, depuis des siècles, le fruit roi des confiseurs pour la réalisation de gelées et de pâtes de fruits. Le mot « marmelade » lui-même viendrait du portugais marmelo, qui signifie « coing ».
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